Ma belle-mère critiquait sans cesse ma cuisine… alors j’ai arrêté de l’inviter à table – Page 3 – Recette
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Ma belle-mère critiquait sans cesse ma cuisine… alors j’ai arrêté de l’inviter à table

Maman, personne ne te refuse rien, a-t-il répondu, un peu hésitant, se souvenant de mon ultimatum de la veille. Élodie a raison. Tu critiques toujours. Elle se donne du mal, et toi tu la blesses. Alors elle préfère ne rien faire pour ne pas te contrarier.

Moi ? Je critique ? sest-elle indignée. Je veux juste aider ! Partager mon expérience ! Mais vous Ingrats ! Vous laissez votre mère mourir de faim !

Les biscuits sont très bons, ai-je dit en poussant la coupelle. Cest du commerce, rien dexpérimental.

Gardez vos biscuits ! a-t-elle crié en se levant, renversant sa chaise. Je ne remettrai plus les pieds ici ! Paul, je ne te reconnais plus ! Tu es sous sa coupe !

Elle a claqué la porte si fort que les vitres ont tremblé.

Eh bien, a soupiré Paul. Elle est vexée.

Tinquiète, ai-je répondu en sortant du four un plat de lasagnes caché. Elle va se calmer. Et tu remarqueras, personne na critiqué lodeur ou le goût de la maison.

Tu as fait des lasagnes ? sest-il exclamé, attiré par lodeur du fromage fondu. Pourquoi tu les as cachées ?

Parce que cest pour nous. Pour ceux qui apprécient. Viens, cest encore chaud.

Deux semaines sans nouvelles de Madame Lefèvre. Elle attendait sûrement quon sexcuse. Mais on na pas bougé. Paul la appelée pour prendre de ses nouvelles, mais pas un mot sur la cuisine. Moi, jai savouré mes dimanches tranquilles.

La troisième semaine, elle a appelé elle-même, la voix faible.

Paul, jai une fuite au robinet. Et jai mal au dos. Tu pourrais passer ?

Bien sûr, maman, jarrive.

Il est rentré tard, lair songeur. Je finissais un article sur le risotto pour mon blog.

Alors, comment va-t-elle ? ai-je demandé.

Jai réparé le robinet, mis de la pommade sur son dos, a-t-il dit en sasseyant. Jai mangé là-bas.

Et alors ? Cétait bon ? ai-je demandé sans ironie.

Il a hésité.

Tu sais Avant, je ne remarquais pas. Mais là Elle avait fait une soupe à lorge, toute grise, lorge à moitié crue. Puis un ragoût, gras, plein dhuile, presque pas de viande. Et tout était trop salé.

Ça arrive, ai-je haussé les épaules. Les goûts changent avec lâge.

Non, a-t-il secoué la tête. Jai compris que ça a toujours été comme ça. Je croyais que cétait normal. Puis tu es arrivée. Jai découvert que la viande pouvait être tendre, la soupe parfumée, la salade fraîche. Je me suis habitué à ta cuisine, Élodie. Et là, chez maman, jai compris pourquoi tu étais blessée. Cétait vraiment pas bon. Objectivement.

Je lai pris dans mes bras. Cétait la plus belle reconnaissance.

Tu lui as dit ?

Non, pourquoi la peiner ? Jai dit merci, mangé ce que jai pu. Mais je nen ai pas redemandé. Élodie, pardonne-moi de ne pas tavoir défendue avant. Tu es une fée.

Cest oublié, ai-je souri. Tu veux des crêpes au fromage blanc et raisins ?

Oh oui ! Tes crêpes, cest le top.

Le dimanche suivant, Madame Lefèvre est revenue. La solitude et lenvie de garder la main avaient pris le dessus. Elle est entrée sans bruit.

Je lai accueillie dans lentrée.

Bonjour, Madame Lefèvre. Entrez.

Bonjour, Élodie.

Dans la cuisine, ça sentait la vanille et la cannelle. Elle a reniflé.

Tu fais un gâteau ?

Une tarte aux pommes, avec des reinettes.

Jai dressé la table, sorti la tarte, dorée, croustillante. Jai coupé une belle part pour elle.

Elle a regardé le gâteau, puis moi. On sentait quelle voulait dire les pommes sont trop grosses ou la cannelle masque tout, mais elle sest souvenue de la dernière fois, du vide, des biscuits industriels, des dimanches solitaires.

Elle a goûté.

Alors ? a demandé Paul.

Elle a mâché.

Cest moelleux, a-t-elle admis. Bien cuit.

Ça vous plaît ? ai-je demandé.

Elle ma regardé. Dans mes yeux, il ny avait ni peur ni attente, juste la tranquillité de celui qui sait ce quil vaut.

Avec le thé, cest pas mal du tout, a-t-elle lâché, ce qui, venant delle, valait une reddition. Ce nest pas la recette classique, jaurais mis moins dœufs, mais cest bon. Merci, Élodie.

Servez-vous, cest meilleur chaud, ai-je souri.

Après ça, elle na plus critiqué ma cuisine. Parfois, elle glissait un moi, je mets du laurier, mais, croisant mon regard, ajoutait vite mais ta version est originale aussi.

Et elle a arrêté dapporter ses plats. Sauf à Pâques, où elle a amené ses brioches. Je les ai mises au centre de la table, à côté des miennes. Et tu sais quoi ? Paul a goûté celle de sa mère, la complimentée, puis a discrètement repris de la mienne. Et jai fait comme si de rien nétait. Parce quau fond, la paix à la maison, cest plus important que de savoir qui a le meilleur raisin sec. Lessentiel, cest de rester le maître de sa cuisine.

 

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