Mlle Lucille Burrows, 26 ans, était la seule enseignante restante pour 47 élèves dans une école en carton-pâte sans chauffage et sans livres. – Page 5 – Recette
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Mlle Lucille Burrows, 26 ans, était la seule enseignante restante pour 47 élèves dans une école en carton-pâte sans chauffage et sans livres.

La boîte d’allumettes de Mlle Lucille repose dans une vitrine. Un enfant effleure la vitre froide du bout du doigt, et le conservateur allume un petit haut-parleur qui diffuse une voix qui aurait pu être celle d’une grand-mère ou celle de l’hiver : Lucille lisant une phrase d’un manuel. Les enfants rient de sa façon de lire, toute sa sévérité dissimulée derrière un sourire chaleureux et secret. Ils ignorent encore toutes les manières dont une vie comme la sienne peut se dessiner, mais la graine est semée. C’est peut-être là le véritable secret du métier d’enseignant : semer des graines qui seront débattues, réorganisées et récoltées d’une façon que celui qui les a semées n’aurait pu imaginer.

Si, dans quelques années, on leur demandait si la boîte d’allumettes était une relique ou un talisman, un caprice de vieille femme ou un précieux symbole, les habitants de No Man’s Land répondraient comme toujours : « Elle vaut son pesant d’or. » Ils le murmurent avec la futilité de ceux qui négocient avec ce qu’ils possèdent et le donnent malgré tout. Cette phrase, telle une pièce de monnaie transmise de main en main, cimente la communauté.

Et ainsi s’étend la vallée. Les enfants lisent. Les lits de la rivière respirent paisiblement. Chaque printemps, les pommiers bourgeonnent. Une tarte est vendue chaque automne à la foire. Une fillette aux cheveux bouclés occupe le bureau des guides du musée pendant une semaine et lit à haute voix le mot de Lucille aux visiteurs venus pour son amour des contes anciens. Une jeune institutrice s’installe dans l’annexe en carton-pâte et dessine des cartes avec ses élèves ; ensemble, ils planifient de petits aménagements pour leurs terres. L’histoire de cette fine bague en or et de la marche dans la tempête de neige s’intègre à l’histoire de la vallée : une histoire qui mérite d’être racontée, car elle parle de générosité, de persévérance et du travail discret et continu d’une vie partagée.

Au final, point d’épilogue parfait, seulement la continuité. C’est peut-être là la fin la plus humaine qui soit : une vie donnée et transformée non en monument, mais en habitude ; un lentisque d’or précieux, extrait d’une boîte d’allumettes et placé sous vitrine ; une ville qui, sans cesse, choisit – de temps à autre, par de petits gestes – de se soutenir mutuellement. Voilà, plus qu’une plaque, le véritable héritage de Mlle Lucille Burrows.

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