Son voisin s’est moqué de lui lorsqu’il a construit un deuxième mur autour de sa cabane — jusqu’à ce que cela maintienne la température à 21 degrés dans sa cabane. – Page 4 – Recette
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Son voisin s’est moqué de lui lorsqu’il a construit un deuxième mur autour de sa cabane — jusqu’à ce que cela maintienne la température à 21 degrés dans sa cabane.

L’histoire se répandit bien au-delà des limites du comté. Les hommes qui s’installaient vers l’ouest écrivaient à leurs proches, aux journaux locaux et aux autres hameaux isolés de la plaine. La méthode fut adaptée et testée dans d’autres villes avec d’autres matériaux. Là où la paille abondait, on l’utilisait. Là où la sciure était disponible et où l’on avait accès à des scieries, on en acceptait le coût et on bénéficiait d’intervalles d’entretien plus longs. Le principe restait le même : l’air en mouvement emporte la chaleur ; l’air emprisonné la retient. L’enveloppe extérieure subit les intempéries tandis que l’intérieur reste calme.

Il y a dans cet échange une forme d’héroïsme discret : un émigrant qui emprunte au savoir autochtone, adapte un mécanisme maritime au froid de l’intérieur des terres, et la survie qui en découle pour ses voisins, trop fiers pour accepter de l’aide jusqu’à ce que le froid leur fasse perdre tout sens à leur orgueil. C’est peut-être la dernière et la plus juste leçon de l’œuvre d’Eirik Olsen : la survie en situation extrême ne dépend pas souvent de qui est le plus fort face à l’hiver, mais de qui est disposé à écouter, à apprendre et à changer.

Des années plus tard, un exercice scolaire donné par les petits-enfants de Martha demandait aux élèves d’écrire sur une personne du canton qui avait rendu service à la communauté. Un garçon nommé Thomas écrivit sur un Norvégien qui avait construit une clôture pour une maison et tenait un registre des températures. Il dessina un mur extérieur avec des lattes et une cabane intérieure en rondins, et indiqua soigneusement la bâche de mousseline servant de coupe-vent. Il raconta, dans une phrase qui fit sourire son institutrice, que la maison d’Eirik avait maintenu la cabane vingt et un degrés plus chaude que celles des maisons voisines lors de la première tempête, et que cela avait rassuré sa mère.

Le registre d’Eirik repose désormais dans le petit musée de la ville, sous vitrine, les chiffres écrits d’une main disparue. Les visiteurs viennent le voir par temps froid, autant pour l’histoire que pour l’objet lui-même. Ils s’arrêtent pour lire ses notes et ressentent ce curieux mélange de science et de douce obstination qu’il représente. Souvent, ils s’absentent pour préparer un thé. Ils se réchauffent les mains et évoquent comment le monde leur avait paru une fournaise, puis, grâce à un homme qui mesurait, écrivait et enseignait, était devenu un peu plus vivable.

Malgré tous les schémas, les circulaires et les publications complémentaires qui ont suivi, l’image la plus simple reste la plus émouvante : onze personnes entassées dans une petite maison, tandis que les vents de la tempête hurlaient derrière les planches extérieures et qu’un unique mur intérieur conservait une chaleur précieuse. Le grand-père respirait enfin. Le bébé dormait paisiblement toute la nuit. Les mères qui s’étaient inquiétées durant cette année raconteraient à leurs petits-enfants comment une clôture autour d’une maison les avait sauvées, et les enfants regarderaient le banc d’Eirik et se gratteraient les jointures des mains là où le bois était encore plein d’échardes, et quelqu’un rirait en disant : « Il était têtu, oui. Mais regarde le résultat ! »

La dernière page du registre n’a rien de remarquable. On y trouve un chiffre soigneusement griffonné, effacé par le temps. Mais parfois, au crépuscule, quand le vent descend de la crête et que les plaines s’assombrissent, la ville ressent une chaleur qui ne vient pas seulement du feu. C’est une chaleur forgée dans le savoir partagé, dans les pratiques empruntées et adaptées au contexte local, dans la dignité modeste et tenace des préparatifs. Le nom d’Eirik ne figure peut-être pas dans un livre de héros, mais à Red Willow, son histoire est de celles qui incitent les mères à tricoter, les hommes à mesurer deux fois et les instituteurs à noter la météo. Quand les enfants demandent pourquoi ils ferment hermétiquement leurs volets et empilent leurs vestibules de couvertures épaisses chaque hiver, les grands-parents montrent la vieille maison du doigt et répondent : « Parce que le père de Tom a appris d’un Norvégien et d’une femme Lakota, et que nous avons appris à ne plus nous traiter d’imbéciles quand une meilleure solution se présentait. »

Et le vent, patient et toujours à l’épreuve, semble un peu moins féroce lorsqu’une ville sait comment l’affronter.

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