Un pilote refuse de voler avec son copilote célibataire, jusqu’à ce qu’il révèle qu’il était propriétaire de l’avion – Page 3 – Recette
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Un pilote refuse de voler avec son copilote célibataire, jusqu’à ce qu’il révèle qu’il était propriétaire de l’avion

Laure le suivit dans le petit espace aux murs de verre, consciente que tout le personnel des opérations pouvait les voir même s’ils ne pouvaient pas entendre la conversation. Marc ferma la porte avec plus de force que nécessaire.

« La maintenance dit minimum trois heures », dit-il sans préambule, terminant son appel téléphonique et jetant l’appareil sur la table de conférence. « Le raccord était fissuré, pas seulement desserré. Quelques cycles de pression de plus et il aurait complètement cédé. »

Les mots s’abattirent sur Laure comme de la cendre. Un raccord fissuré. Pas une connexion desserrée, pas un problème mineur. Une véritable défaillance structurelle en attente.

« Trois heures », répéta-t-elle, sa voix creuse.

« Trois heures si on a de la chance. Ça pourrait être cinq s’ils trouvent des dommages supplémentaires en retirant le capot. » Marc s’appuya contre la table, son épuisement évident. « La direction est furieuse. Nous avons cent quarante-trois passagers à réacheminer, des correspondances à réorganiser, des hébergements hôteliers à coordonner. L’impact financier à lui seul… »

« Je sais », le coupa Laure. « Je comprends les implications. »

« Vraiment ? » La question de Marc était vive. « Comprends-tu que si Romain n’avait pas attrapé cette fuite, s’il n’avait pas insisté pour la consigner malgré ta résistance, nous aurions pu avoir une défaillance catastrophique des freins à l’atterrissage ? Comprends-tu ce que cela aurait signifié ? »

Les mains de Laure se crispèrent le long de son corps. « La fuite était petite. La technicienne a dit que c’était juste un suintement. »

« Un raccord fissuré n’est jamais juste un suintement, Laure. Tu le sais. » La voix de Marc portait une déception qui coupait plus profondément que la colère. « Et même si ça avait été mineur, même si ça n’avait été rien du tout, Romain avait raison de le signaler. C’est le travail. C’est ce pour quoi nous formons les pilotes. Identifier les problèmes potentiels et les signaler. Même quand c’est gênant, même quand ça les rend impopulaires. » Il s’écarta de la table, se dirigeant vers la fenêtre qui donnait sur le terminal. « Surtout quand ça les rend impopulaires. »

Laure resta silencieuse, observant le reflet de Marc dans la vitre. Dehors, les voyageurs matinaux se déplaçaient dans le hall, inconscients du drame qui se déroulait au centre des opérations.

« Je veux qu’il soit retiré de mon équipage », dit finalement Laure, les mots sortant plus durs qu’elle ne l’avait prévu. « Je veux qu’un autre copilote soit affecté lorsque l’avion sera autorisé à reprendre le service. »

Marc se tourna lentement, son expression incrédule. « Tu es sérieuse ? »

« Tout à fait sérieuse. » Laure força de l’acier dans sa voix, essayant de retrouver une certaine mesure de contrôle. « Ce qui s’est passé là-bas prouve mon point de vue. Nous n’avons aucune relation de travail. Il n’y a pas de confiance, pas de communication, pas de coordination d’équipage. Il a sapé mon autorité devant le personnel au sol. Il a créé un conflit au lieu de suivre la chaîne de commandement. »

« Il a trouvé un problème de sécurité que tu as manqué », interrompit Marc. « Il l’a documenté correctement. Il l’a signalé par les canaux appropriés. Qu’a-t-il fait de mal, exactement ? »

« Il aurait dû m’en parler en privé », insista Laure. « Il aurait dû en discuter tranquillement, de pilote à pilote, avant de faire remonter l’information aux opérations. Au lieu de ça, il est passé par-dessus ma tête, m’a fait passer pour une incompétente devant toute l’équipe au sol. »

« Tu t’es fait passer pour une incompétente toi-même », dit Marc sans ambages. « Romain a fait son travail. C’est toi qui as transformé ça en spectacle. »

La vérité de cette déclaration la brûla, mais Laure la repoussa. « Il savait que signaler cette fuite retarderait le vol. Il savait que ça me ferait mal paraître de vouloir continuer. C’était calculé, Marc. C’était lui qui voulait prouver quelque chose. »

« Prouver quoi ? » La voix de Marc portait une pointe d’incrédulité. « Que la sécurité est plus importante que l’ego ? Que suivre les procédures est plus important que de protéger la fierté d’un commandant de bord ? »

« Qu’il est en quelque sorte supérieur à moi ? » rétorqua Laure. « Que son jugement est meilleur, ses normes plus élevées, son dévouement à la sécurité plus authentique que le mien ? Il m’a tendu un piège, Marc. Il a trouvé cette fuite et a attendu. M’a laissé m’enfoncer davantage avant de la révéler. »

Marc l’étudia pendant un long moment, son expression indéchiffrable. « Tu crois vraiment ça ? »

« Je sais comment fonctionnent les copilotes ambitieux », dit Laure. « Je les ai vus essayer de faire passer les commandants pour des incompétents afin de faire avancer leur propre carrière. Je les ai regardés saper l’autorité de commandement, remettre en question les décisions, créer des conflits qui rendent les opérations de vol impossibles. »

« Et tu penses que Romain fait ça ? » Le ton de Marc suggérait qu’elle manquait quelque chose de fondamental. « Tu penses qu’un copilote qui documente tranquillement les problèmes de sécurité et les signale par les canaux appropriés joue à des jeux politiques ? »

« Je pense qu’un copilote qui se présente de nulle part, se fait rejeter publiquement par son commandant de bord, puis découvre opportunément un problème mécanique, fait plus que simplement son travail. » La voix de Laure s’éleva légèrement. « Je pense qu’il fait une déclaration, et je pense que nous mettre ensemble dans un cockpit est une catastrophe en puissance. »

Marc croisa les bras, sa posture se transformant en quelque chose de plus conflictuel. « Laure, sais-tu quelque chose sur le parcours de Romain Colbert ? »

La question la prit au dépourvu. « Je sais qu’il prétend avoir huit mille heures de vol. Je sais que le planning l’a sorti de quelque part sans préavis. »

« Il ne vient pas du planning », l’interrompit Marc. « Il vient de la direction. Il était à Paris pour une réunion du conseil d’administration. »

Le front de Laure se plissa. « Une réunion du conseil d’administration ? Quelle réunion ? »

« La revue trimestrielle. Celle où les propriétaires discutent des opérations de la flotte, des normes de sécurité, des performances financières. » Les mots de Marc étaient soigneusement mesurés. « Celle où les gens qui possèdent des parts de cette compagnie prennent des décisions sur la façon dont elle est gérée. »

Quelque chose de froid commença à se former dans l’estomac de Laure. « Qu’est-ce que tu veux dire ? »

« Je veux dire que tu aurais dû consulter son dossier avant de commencer à faire des suppositions sur sa compétence. » Marc se dirigea vers la table de conférence, affichant quelque chose sur sa tablette. « Romain Colbert, douze mille heures de vol, pas huit. Qualifications de type sur sept appareils différents. Ancien pilote de l’armée de l’air, a effectué des missions de sauvetage en Afghanistan. Sa carrière civile comprend dix ans en tant qu’instructeur-examinateur, trois ans en tant que commandant de bord instructeur, deux ans dans la gestion de la sécurité de la flotte. »

Il tourna la tablette vers Laure, lui montrant un dossier personnel qu’elle aurait dû lire avant même de mettre le pied sur ce tarmac.

« Et », continua Marc, sa voix baissant encore. « Il est aussi le copropriétaire de cet avion et de quinze autres dans notre flotte. Il détient trente-sept pour cent de cette compagnie, Laure. Il n’est pas seulement un copilote. Il est l’une des personnes qui signent tes chèques de paie. »

Les mots frappèrent Laure comme des coups physiques. Elle sentit le sang quitter son visage, sentit sa vision du monde soigneusement construite basculer et se fissurer. « Ce n’est pas possible », murmura-t-elle. « Les propriétaires ne volent pas sur les lignes. Les propriétaires ne s’assoient pas sur le siège de droite. »

« Romain, si. » Le ton de Marc ne portait aucune satisfaction en livrant cette information, seulement une sorte de résignation lasse. « Il vole deux rotations par mois, toujours en tant que copilote, en donnant toujours l’autorité de commandement au commandant de bord assigné. Il dit que ça le garde connecté aux opérations réelles. L’aide à comprendre ce que les pilotes vivent au quotidien. »

Laure s’agrippa à la table de conférence, ayant besoin de quelque chose de solide pour se tenir. « Pourquoi ne m’a-t-on rien dit ? Pourquoi personne ne m’a informé que je volais avec… »

« Avec quoi ? Un propriétaire ? » La question de Marc était pointue. « Est-ce que ça aurait changé la façon dont tu l’as traité ? Aurais-tu été plus respectueuse si tu avais su qu’il pouvait te virer ? »

L’implication la piqua. Laure voulait dire oui, voulait prétendre qu’elle se serait comportée différemment avec cette connaissance. Mais l’honnêteté dans les yeux de Marc exigeait la vérité. « J’aurais été professionnelle », dit-elle finalement.

« Tu devrais être professionnelle avec chaque membre d’équipage, indépendamment de leur grade ou de leur position. » Marc reprit sa tablette, sa déception palpable. « C’est ça, le professionnalisme, Laure. Traiter les gens avec respect parce que c’est juste, pas parce qu’ils ont du pouvoir sur toi. »

Laure s’effondra dans l’un des fauteuils de la salle de conférence, ses jambes soudainement instables. À travers les murs de verre, elle pouvait voir Romain toujours à son poste de travail, tapant toujours son rapport, semblant toujours complètement insensible au chaos qu’il avait créé. Sauf qu’il n’avait pas créé de chaos. C’était elle.

« Il ne s’est pas identifié », dit Laure, cherchant n’importe quelle justification. « Il ne m’a pas dit qui il était. Il m’a laissé croire… »

« Il t’a laissé révéler exactement qui tu es », l’interrompit Marc. « Et maintenant, nous devons tous les deux faire face aux conséquences. »

La lumière fluorescente semblait soudain trop vive. Le centre des opérations trop petit. Laure pressa ses doigts contre ses tempes, sentant le début d’une migraine. « Que se passe-t-il maintenant ? » demanda-t-elle tranquillement.

Marc s’installa dans le fauteuil en face d’elle, son expression grave. « Maintenant ? Maintenant, Romain termine son rapport. La maintenance achève son inspection et sa réparation. Et ensuite, tu as une décision à prendre. »

« Quelle décision ? »

« Si tu continues avec Romain comme copilote ou si tu demandes une affectation différente. » Les mots de Marc étaient prudents. « Je ne peux pas te forcer à voler avec quelqu’un en qui tu n’as pas confiance, mais je ne peux pas non plus avoir un commandant de bord qui refuse de travailler avec des membres d’équipage qualifiés sur la base de préjugés personnels. »

« Ce n’est pas un préjugé », protesta Laure. « C’est un jugement professionnel. »

« Basé sur quoi ? » la défia Marc. « Sur le fait qu’il est trop silencieux, trop passif ? Basé sur des suppositions que tu as faites en trente secondes sans consulter ses qualifications ou lui parler d’égal à égal ? »

Laure voulait argumenter, voulait défendre son évaluation initiale, mais chaque justification qu’elle avait utilisée ce matin sonnait creux maintenant, exposée comme les rationalisations qu’elles avaient toujours été.

« Je le pensais incompétent », admit-elle, sa voix à peine plus haute qu’un murmure. « Je l’ai regardé et j’ai vu quelqu’un qui n’avait pas sa place dans un cockpit professionnel, quelqu’un qui avait obtenu sa position par chance ou par relations plutôt que par compétence. »

« Pourquoi ? » La question de Marc était simple mais dévastatrice. « Qu’est-ce qui, chez lui, t’a fait penser ça ? »

Laure ouvrit la bouche, puis la referma. Qu’est-ce qui lui avait fait penser ça ? Le comportement calme de Romain, sa présence discrète, le fait qu’elle n’ait jamais entendu son nom auparavant malgré son vaste parcours… ou autre chose, quelque chose qu’elle ne voulait pas examiner de trop près.

« Il ne correspondait pas à l’image que je me faisais d’un copilote compétent », dit-elle finalement, l’aveu ayant un goût de cendre.

Marc hocha lentement la tête. « Et à quoi ressemble un copilote compétent, Laure ? »

La question flotta entre eux, chargée d’implications que Laure n’était pas prête à affronter. À travers la vitre, elle regarda Romain fermer son ordinateur portable, se lever et rassembler son sac de vol. Il se déplaçait avec une efficacité tranquille. Pas de mouvement gaspillé, pas de gestes dramatiques. Tout en lui suggérait la compétence et l’expérience, mais elle avait été trop aveuglée par ses propres suppositions pour le voir.

« Je dois lui parler », dit soudain Laure.

Marc haussa un sourcil. « Pour t’excuser ? Expliquer ? »

Laure se leva, redressant son uniforme par réflexe. « Pour clarifier les choses afin que nous puissions avancer professionnellement. »

« Et s’il ne veut pas avancer avec toi ? » Marc posa la question doucement. « S’il demande un autre commandant de bord ? »

La possibilité n’était pas venue à l’esprit de Laure. Elle avait été tellement concentrée sur son propre droit de refuser un membre d’équipage qu’elle n’avait pas considéré que Romain pourrait la refuser. « Peut-il faire ça ? » demanda-t-elle.

« Il détient trente-sept pour cent de la compagnie », lui rappela Marc. « Il peut faire ce qu’il veut. Mais ce n’est pas vraiment la question, n’est-ce pas ? »

Laure croisa son regard, la compréhension naissant en elle. « La question est de savoir s’il devrait avoir à le faire. »

« Exactement. » Marc se leva également, se dirigeant vers la porte de la salle de conférence. « Romain pourrait mettre fin à tout ça maintenant. Un mot au conseil d’administration, une plainte pour environnement de travail hostile, et tu serais clouée au sol en attendant une enquête. Mais il ne l’a pas fait. Il a rempli son rapport de maintenance, a documenté le problème de sécurité, et maintenant il attend de voir ce qui va se passer. »

« Pourquoi ? » demanda Laure. « Pourquoi ne se protégerait-il pas ? Pourquoi ne demanderait-il pas un autre commandant de bord après la façon dont je l’ai traité ? »

Marc s’arrêta à la porte, sa main sur la poignée. « Peut-être que tu devrais lui demander ça toi-même. »

Il laissa Laure seule dans la salle de conférence, entourée de murs de verre et du poids de ses propres erreurs. Laure regarda par la fenêtre Romain se diriger vers le salon des pilotes. Sa posture était détendue malgré tout ce qui s’était passé. Il n’avait pas l’air en colère ou vindicatif. Il ne ressemblait pas à quelqu’un qui planifiait une vengeance ou des manœuvres politiques. Il ressemblait à un homme faisant son travail, attendant patiemment que les autres fassent le leur.

Elle se força à bouger, poussa la porte de la salle de conférence et traversa le plancher des opérations. Plusieurs membres du personnel levèrent les yeux à son passage, leurs expressions soigneusement neutres. Ils avaient tous été témoins de la confrontation sur le tarmac. Tous avaient entendu ses accusations et ses exigences. Ils savaient tous qu’elle avait eu tort.

Le salon des pilotes était un espace austère. Mobilier industriel, une machine à café qui gargouillait dans un coin, des manuels de vol empilés sur des étagères en métal. Romain était assis dans l’un des fauteuils, une tasse en polystyrène fumante à la main, les yeux fixés sur la fenêtre donnant sur le terminal. Laure s’arrêta sur le pas de la porte, soudain incertaine. Elle avait commandé des équipages de vol pendant deux décennies, donné des ordres à des copilotes et à du personnel de cabine sans hésitation. Mais s’approcher de Romain maintenant lui donnait l’impression de traverser un champ de mines.

« Puis-je entrer ? » demanda-t-elle, sa voix formelle.

Romain jeta un coup d’œil, son expression indéchiffrable. Après un moment, il désigna le fauteuil vide en face de lui.

Laure s’assit, le dos droit, les mains jointes sur ses genoux. Le silence s’étira entre eux, lourd de tout ce qui avait été dit et non dit.

« J’ai parlé avec Marc », commença-t-elle finalement. « Il m’a informé de votre parcours, de votre position dans la compagnie. »

Romain prit une gorgée de café, attendant.

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