Le bruit était incessant.
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Le bébé Lily Croft hurlait si fort que sa petite poitrine se soulevait, ses cris résonnant dans la cabine luxueuse du vol 227 de New York à Genève. Les passagers de première classe échangeaient des regards irrités, se tortillant sur leurs sièges en cuir. Le personnel de cabine allait et venait, mais rien n’y faisait : biberons refusés, couvertures repoussées, berceuses ignorées.
Au centre de tout cela se trouvait Pascal Croft, l’un des milliardaires les plus puissants du monde. D’ordinaire maître des salles de conseil et des négociations, Pascal paraissait maintenant démuni, berçant sa fille désespérément dans ses bras. Son costume impeccable était froissé, son front perlé de sueur. Pour la première fois depuis des années, il se sentait totalement impuissant.
« Monsieur, elle est peut-être simplement épuisée », chuchota doucement une agente de bord.
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Pascal hocha faiblement la tête, mais à l’intérieur il se désagrégeait. Sa femme était morte quelques semaines après la naissance de Lily, le laissant jongler entre un nouveau-né et un empire. Ce soir-là, seul dans le ciel, le masque du contrôle s’effritait.
Puis, depuis l’allée de la classe économique, une voix s’éleva.
« Excusez-moi, monsieur… Je crois que je peux aider. »
Pascal se retourna. Un adolescent noir, mince, pas plus de seize ans, se tenait là, serrant un sac à dos usé. Ses vêtements étaient propres mais simples, ses baskets effilochées. Ses yeux sombres, malgré la timidité, dégageaient une étrange assurance.
La cabine bruissa — que pouvait bien faire ce garçon ?
Pascal, à bout, demanda d’une voix rauque : « Et toi, qui es-tu ? »
Le garçon s’éclaircit la gorge. « Je m’appelle Leo Vance. J’ai… j’ai aidé à élever ma petite sœur. Je sais comment l’apaiser. Si vous me laissez essayer. »
Pascal hésita. L’instinct du milliardaire hurlait : contrôle, protège, ne fais confiance à personne. Mais les pleurs de Lily le transperçaient comme des couteaux. Lentement, il acquiesça.
Leo s’avança, tendit les bras et murmura : « Chut, petite. » Il la berça doucement, fredonnant un air léger comme une brise. En quelques instants, l’impensable se produisit : les sanglots de Lily s’apaisèrent, ses petites mains se détendirent et sa respiration retrouva un rythme régulier, presque endormi.
La cabine se figea dans le silence. Tous les regards étaient braqués sur le garçon qui tenait le bébé du milliardaire comme s’il s’agissait du sien.
Pour la première fois depuis des heures, Pascal respira. Et pour la première fois depuis des années, quelque chose se remit à bouger en lui.
L’espoir.


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