incertain que quelqu’un écoute. Puis trois petits mots suivirent : « S’il te plaît, dépêche-toi. »Matteo fixa l’écran et, abandonnant toute prudence, tapa : « J’arrive. » Il se leva, enfila un manteau sombre, glissa ses clés dans sa poche et partit.
Ses gardes du corps le regardaient avec tension : — Patron, où allez-vous ?Matteo ne répondit pas — non pas parce qu’il ne le voulait pas, mais parce qu’il craignait que, s’il parlait, une autre voix surgisse — celle de l’homme qu’il avait longtemps enterré.
La voiture blindée glissa dans des rues désertes. Le GPS de Matteo le dirigea vers un quartier calme, bordé d’arbres : des ombres sombres, des balançoires sur les porches, un silence profond. Douze minutes restaient. Douze minutes pour un enfant qui n’en avait peut-être même pas douze secondes.
Le téléphone vibra de nouveau : « Je ne trouve plus maman. Il y a beaucoup de sang. » Matteo serra le volant jusqu’à ce que ses jointures blanchissent. La pluie martelait le pare-brise, transformant les lumières en traînées d’or.
Le monde semblait flou sous la vitesse… et sous quelque chose de pire : la peur réelle. « Pourquoi m’importerait-elle ? » voulait-il se demander. « Depuis quand les autres m’intéressent-ils ? » La question s’abattit sur lui comme un souvenir longtemps enterré.
Il y a vingt-cinq ans, Matteo Raichi était Michael Rodriguez. Il avait une sœur, Isabella. Huit ans, cheveux bouclés, rire rebondissant. Michael lui préparait le dîner, l’aidait pour les devoirs, et quand leur mère travaillait tard,
Isabella dormait, serrant son ours en peluche usé, confiante que son frère remettrait tout en ordre.Puis ce jeudi… l’appel de la police, des coups de feu dans l’appartement voisin, le silence meurtrier à travers les murs fins. Michael courut. Courut.
Mais sous la lumière froide de l’hôpital, il comprit : le monde n’attend personne. Sa mère survécut. Isabella non. Dernier regard, mains jointes… et la promesse : aider les enfants pris dans la peur.
Michael disparut. Matteo naquit. Et cette nuit-là, à 23h42, un nouveau message arriva : « Je crois que je vais m’endormir. Je suis tellement fatiguée. » Matteo avala sa salive. Ce n’était pas le sommeil. C’était le corps d’un enfant s’effondrant sous la terreur.
« Ne dors pas. Parle-moi. Comment t’appelles-tu ? » tapa-t-il, une main sur le volant, l’autre sur le téléphone. « Emma. »« Emma, je suis Matteo. J’arrive bientôt. Reste avec moi. Parle-moi de ta maman. »
« Sara. Elle fait les meilleurs cookies au chocolat. Elle me raconte des histoires tous les soirs. »Le cœur de Matteo se serra. Une enfant, au milieu du sang et des ombres, parlait d’abord de cookies et d’histoires


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