Le cow-boy s’attendait à une simple épouse par correspondance — mais la femme qui arriva le laissa sans voix.
Le printemps avait lentement cédé la place à l’été, et le ranch vibrava d’une vie à la fois prévisible et surprenante. Les poulains gambadaient dans les pâturages, leurs jambes encore maladroites mais déterminées. L’odeur du foin, de la terre et du cuir chauffé par le soleil composait une sorte de musique matinale qui flottait dans l’air.
Declan se surprit à se lever plus tôt qu’il ne l’avait jamais cru possible, non parce que le travail l’exigeait, mais parce qu’il voulait observer Lillian à l’œuvre — la façon dont elle s’agenouillait pour lacer une botte, comment elle triait les graines avec une précision silencieuse, et comment son rire traversait la fatigue comme un rayon de soleil à travers les nuages.
Un matin, un cavalier apparut sur le champ, laissant s’élever un nuage de poussière derrière lui. Il descendit avec un salut poli, tenant son chapeau à la main, révélant un visage marqué par les routes longues et les regards attentifs.
Il se présenta comme un journaliste d’un journal régional, attiré par les murmures concernant les « ranchers têtus » de Birch Hollow. Il voulait raconter leur histoire — non pas le drame, mais la texture : les longues journées, les clôtures obstinées, les petites victoires gagnées et non offertes.
Pour la première fois, Declan sentit le poids d’être réellement vu — non pas comme un homme éprouvé, mais comme quelqu’un qui avait enduré et choisi avec soin. Lillian passa ses mains sur son tablier, méfiante face à l’attention, mais la curiosité sincère du journaliste la fit s’arrêter, puis rire doucement.
« Je suppose qu’il est plus facile de raconter ce qui est ici que ce qui a failli être pris », dit-elle en désignant la terre. « C’est notre registre, si vous insistez. »
L’article parut un mois plus tard. Les photographies montraient des clôtures ployant sous le soleil d’été, une jument regardant l’objectif avec une intelligence tranquille, et une pile de ballots de foin penchée comme la colonne vertébrale d’une histoire.


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