Ma belle-mère critiquait sans cesse ma cuisine… alors j’ai arrêté de l’inviter à table – Recette
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Ma belle-mère critiquait sans cesse ma cuisine… alors j’ai arrêté de l’inviter à table

Tu sais, ma belle-mère ne cessait jamais de dénigrer mes talents culinaires, alors jai fini par ne plus laccueillir à ma table.

Ma petite Élodie, tu as encore mis du vinaigre dans le potage ? Cest trop piquant, Paul va avoir des aigreurs, tu sais bien quil digère mal, il lui faut du léger, du doux, pas toutes tes herbes là

Madame Lefèvre, bien calée sur sa chaise, a repoussé son assiette de pot-au-feu brûlant, dun rouge profond, et a lancé un regard désolé à son fils. Paul, assis en face, sest plongé dans sa soupe, feignant lindifférence, même si ses joues prenaient une teinte cramoisie. Moi, je suis resté figé devant la gazinière, la louche en main, lestomac noué, mais jai affiché ce sourire de façade que jai perfectionné en six ans de mariage.

Madame Lefèvre, il ny a pas de vinaigre, juste un filet de citron, pour la couleur et relever le goût. Et Paul adore cette soupe, nest-ce pas ?

Paul a levé les yeux, lair tiraillé. Il était pris entre sa femme, qui cuisine vraiment bien, et sa mère, persuadée dêtre la seule autorité gastronomique du quartier.

Cest bon, maman, vraiment, a-t-il marmonné en avalant une cuillerée, puis un gros morceau de baguette. Cest une soupe normale.

Normale, a répété sa mère, les lèvres pincées. Voilà le souci. Il faut que ce soit sain, fait maison. Moi, je ne fais jamais revenir les légumes, cest mauvais pour la santé. Je mets juste loignon, la carotte. Mais chez toi, Élodie, il y a du gras partout. Je técrirai ma recette, tu apprendras. Tu es encore inexpérimentée, tu nas pas la main.

Je me suis tourné vers lévier, sans rien répondre. Inexpérimentée, disait-elle. Javais trente-deux ans, un blog culinaire suivi par dix mille abonnés, des collègues qui réclamaient mes tartes à chaque pot. Mais pour Madame Lefèvre, je restais le maladroit qui finirait par rendre son fils malade.

Les déjeuners du dimanche, cétait sacré. Comme les saisons, inévitable. Chaque semaine, elle débarquait voir les enfants et inspecter le frigo. Je commençais à préparer dès le samedi, achetant la meilleure viande, du fromage frais, des herbes du marché. Jespérais toujours un pas mal, mais le scénario ne variait jamais.

Ce jour-là, après la soupe, javais préparé un rôti de porc à lail et à la carotte, cuit en papillote. La viande était tendre, mais Madame Lefèvre a trituré son morceau comme si elle cherchait une épine.

Cest sec, a-t-elle tranché. Trop cuit. Et trop dail. Tu crois que plus il y a dépices, meilleur cest ? Erreur de débutant. Il faut sentir le goût du produit. Moi, je cuis le rôti dans une cocotte, il reste moelleux. Le tien, cest une semelle. Paul, nen mange pas trop, tu vas être barbouillé.

Paul, qui avait déjà englouti deux tranches, a reposé sa fourchette, lappétit coupé. Jai senti la boule dans ma gorge. Trois heures passées sur cette viande, une marinade spéciale

Un peu de thé ? ai-je proposé, la voix éteinte, en débarrassant.

Oui, mais pas celui à la bergamote, hein ? Ça fait grimper la tension. Un thé noir classique. Et je goûterai ton gâteau, même si la pâte levée, cest mauvais pour la ligne. Tu as pris du poids, non ?

Je navais pas pris un gramme, mais jai laissé couler. Jai posé sur la table ma fierté : une tarte aux cerises, dorée, bien garnie, la garniture tenait parfaitement.

Madame Lefèvre a goûté, mâché longuement, les yeux au plafond.

Cest acide, a-t-elle fini par dire. Tu as été radine sur le sucre ? Ou cest des cerises surgelées ? Nous, on faisait de la confiture, cétait autre chose. Enfin, ça passera avec du sucre dans le thé.

Le soir, une fois la porte refermée derrière elle, je me suis effondré sur le canapé. La cuisine était un champ de bataille, la tarte à peine entamée.

Ça va, Élodie ? a demandé Paul en venant sasseoir près de moi. Tu connais maman, elle a besoin de tout commenter, cest son côté institutrice. Ne prends pas ça à cœur.

Ce ne sont pas des conseils, Paul, cest du mépris, ai-je soufflé. Je cuisine pour vous, jy mets tout mon cœur, et elle piétine mon travail. Semelle, acide, poison. Ça ne te blesse pas pour moi ?

Bien sûr que si. Mais que veux-tu que je lui dise ? Maman, tais-toi ? Elle croit bien faire, cest tout. Elle a des goûts dun autre temps, elle aime la cuisine de cantine.

Cantine ? ai-je ricané. Ta mère se prend pour un chef, mais ses boulettes sont moitié pain, et sa soupe, cest de leau avec des pommes de terre.

Arrête, Élodie, elle cuisine juste différemment. On ne va pas se disputer pour ça.

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