Ma belle-mère critiquait sans cesse ma cuisine… alors j’ai arrêté de l’inviter à table – Page 2 – Recette
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Ma belle-mère critiquait sans cesse ma cuisine… alors j’ai arrêté de l’inviter à table

Jai laissé tomber. Mais au fond, jai su quil fallait que ça change. Je nétais pas là pour servir de défouloir dans ma propre cuisine.

La semaine a filé, et voilà encore dimanche. Cette fois, cétait lanniversaire de Paul. Pas un chiffre rond, juste trente-quatre ans, mais on voulait marquer le coup en famille. Jai sorti le grand jeu : salade de roquette-crevettes, mini-cocottes de champignons, canard aux pommes, pain maison, et un mille-feuille comme le faisait ma grand-mère.

Levée à six heures, jai tout préparé. À deux heures, lappartement sentait la fête. Table parfaite, nappe neuve, verres en cristal.

Madame Lefèvre est arrivée pile à lheure, les bras chargés dun énorme cabas.

Bon anniversaire, mon grand ! a-t-elle embrassé Paul. Jai apporté des petites choses.

Elle a sorti des boîtes en plastique.

Tiens, jai fait du pâté de tête, comme tu aimes, bien gras. Parce que tes salades à la mode, ça ne nourrit pas un homme. Et voilà de la salade de harengs, avec plein de mayo. Et mes boulettes vapeur, pour lestomac.

Je me suis adossé au frigo, regardant mon festin envahi par des boîtes grasses.

Pourquoi, Madame Lefèvre ? ai-je demandé, la voix tremblante. Javais préparé un repas de fête

Oh, Élodie, tu ne sais pas, le canard, cest difficile à cuire, et les champignons, cest lourd. Laisse Paul manger de la vraie cuisine, la mienne. Tes expériences, vous les finirez entre vous.

Elle a déplacé ma salade pour poser son pâté.

Allez, Paul, viens manger.

Paul ma lancé un regard perdu. Javais envie de jeter le canard par la fenêtre ou de fondre en larmes. Mais jai pris une grande inspiration.

Paul, tu veux manger ce que jai préparé ou les boulettes de ta mère ?

Élodie, pourquoi tu fais ça ? On va tout goûter, maman sest donné du mal

Alors on goûte tout, ai-je dit. Mais là, quelque chose sest brisé en moi. Ou peut-être remis en place.

Le repas sest déroulé dans un silence tendu. Madame Lefèvre na pas touché à mon canard ni à mes salades. Elle servait son fils, commentant chaque plat :

Regarde comme mon pâté est clair, pas comme ces trucs industriels. Et la boulette, tu vois comme cest tendre ? Élodie, tu devrais apprendre tant que je suis là. Tu nourris ton mari à la va-vite.

Paul mâchait docilement, alternant entre les plats de sa mère et mon gratin.

Et le gâteau ? a demandé sa mère au moment du thé. Tu las acheté, non ?

Non, je lai fait moi-même. Mille-feuille.

Quelle galère Et la crème, cest au beurre ? Trop gras. Moi, jai apporté des gaufrettes Artek, cest plus sain.

Elle a goûté une miette de gâteau, a fait la grimace.

Les couches sont dures. Pas assez imbibées. Et la crème, trop sucrée. Élodie, la pâtisserie, ce nest pas ton truc. Tu aurais mieux fait den acheter, au moins on naurait pas gaspillé.

Le soir, après son départ, jai rangé les restes au frigo, le canard presque intact.

Élodie, ton gâteau était super, a soufflé Paul en passant la tête à la cuisine.

Je me suis tourné vers lui, les yeux secs.

Je suis content quil tait plu. Mais cétait la dernière fois que ta mère critiquait ma cuisine ici.

Quoi ? Tu veux lempêcher de venir ?

Non, elle peut venir. Mais je ne la nourrirai plus. Jamais.

Mais cest une invitée !

Justement. Si ma cuisine est poison, semelle, acide et gaspillage, je nai pas le droit de lempoisonner. Je prends soin delle, vu son âge, sa tension, son estomac. Quelle mange chez elle ou apporte ses plats. Mais moi, je ne ferai plus rien pour elle.

Élodie, cest dur.

Non, ce qui est dur, cest de venir chez sa belle-fille le jour de lanniversaire de son fils, de descendre tous les plats et de forcer tout le monde à manger son pâté rance. Moi, je protège juste mes nerfs.

Le dimanche suivant, Madame Lefèvre a appelé pour dire quelle viendrait déjeuner. Jai répondu calmement : On vous attend.

À treize heures, elle a sonné. Elle a reniflé, surprise de ne sentir ni viande, ni gâteau. Juste un peu de café et lair frais.

Bonjour, a-t-elle lancé en entrant dans la cuisine, sattendant à voir la table dressée.

La table était vide, à part une coupelle de biscuits Petit Beurre, une sucrière et trois tasses. Rien dautre. Pas de salade, pas de plat chaud. La cuisinière était impeccable.

On fait régime aujourdhui ? a-t-elle demandé, déconcertée.

Pourquoi ? ai-je répondu en lançant la bouilloire. On a déjà déjeuné avec Paul. On vous attendait pour le thé.

Vous avez mangé sans moi ? Jai rien avalé ce matin, je pensais quon ferait un repas en famille.

Mais je nai rien préparé de spécial, ai-je souri. Vous avez dit que ma cuisine était mauvaise pour la santé, que je gâchais les produits, que tout était trop gras, trop acide, trop sec. Jai réfléchi à vos paroles et jai décidé de ne pas prendre de risques avec votre santé. Vous devez faire attention, à votre âge. Si jamais je me trompe encore, je ne me le pardonnerais pas.

Madame Lefèvre est restée bouche bée. Elle a regardé Paul, qui fixait son téléphone, lair absorbé.

Paul ! Tu entends ? On me refuse même un morceau de pain ici !

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