Vingt ans de solitude sentimentale : Quand la nouvelle année offre à Olga une seconde chance d’aimer – Recette
Publicité
Publicité
Publicité

Vingt ans de solitude sentimentale : Quand la nouvelle année offre à Olga une seconde chance d’aimer

Dans un Paris brumeux, Camille, aux yeux clairs comme la Seine sous la lune, errait dans son vaste appartement du Marais, où chaque pièce semblait sétirer à linfini depuis le départ de sa fille, Églantine. Pendant des années, elle sétait dissoute dans léducation dÉglantine, oubliant jusquà la couleur de ses propres rêves. Mais lorsque la jeune femme sétait envolée vers Strasbourg, main dans la main avec son époux, la solitude sétait glissée dans les couloirs, tapie derrière les rideaux de velours.

Un soir, alors que Camille découpait des tomates pour une salade lyonnaise, le téléphone vibra, résonnant comme un appel venu dun autre monde. Sur la table, une corbeille débordait de poires, et un gratin dauphinois exhalait ses parfums dans le four. Sans cesser de trancher un morceau de rosette, elle activa le haut-parleur.

Maman, bonne année ! lança Églantine, sa voix flottant entre deux humeurs, comme un funambule sur le fil du doute.

Bonne année, ma chérie ! Tu es déjà partie ?

Le silence sétira, dense comme la brume sur la Loire.

Maman Je ne pourrai pas venir. Je suis désolée !

Le couteau suspendu dans lair, Camille sentit mille questions sagiter dans sa gorge, telles des oiseaux affolés : « Tu es seule ? Est-ce que tout va bien ? »

Tout roule, maman ! sexclama Églantine, son rire éclatant comme une bulle de champagne. Cest juste les plans ont changé. Je pars quelques jours avec quelquun.

Je comprends, répondit Camille, la voix vacillante, puis elle se redressa. Tant que tu es heureuse, cest tout ce qui compte.

Elles échangèrent encore quelques paroles, puis Camille raccrocha, contemplant les guirlandes électriques qui serpentaient sur les murs. Le silence devint assourdissant, comme si le temps sétait figé. Elle se souvint de lan passé, Églantine absorbée par son portable, murée dans un mutisme de verre. Camille virevoltait entre la cuisine et le salon, tentant de la faire sourire, de la nourrir, de la ramener à la surface. Mais elles dérivaient, deux péniches perdues dans la brume, néchangeant que de rares signaux lumineux.

« Je ne suis pas égoïste, » pensa-t-elle en fixant les décorations. « Le bonheur dÉglantine prime sur tout. » Elle le croyait vraiment. Par procuration, elle revivait à travers sa fille ses propres élans de jeunesse.

Pour Églantine, tout restait à inventer : premiers émois, premières décisions dadulte. Camille se revoyait, maladroite, vacillante, portée par des bonheurs fragiles.

Elle sapprêtait à effacer ses projets quand son amie denfance, Solange, lappela.

Camille, tu ne vas pas rester seule ! Je sais quÉglantine est partie, alors mets la table pour trois, jarrive ! Et jamène mon frère, Gérard. Il déprime à lidée de passer le réveillon isolé.

Gérard, Camille le connaissait depuis toujours, croisé à dinnombrables repas de famille. Un homme calme, toujours souriant, un peu perdu depuis sa récente séparation. Ils sentendaient bien, mais Camille navait jamais envisagé autre chose. Du moins, cest ce quelle croyait.

Ce réveillon fit tout basculer.

Gérard se révéla un interlocuteur fascinant. Il ne cherchait ni à briller ni à séduire. Il parlait de poésie, de la difficulté à apprivoiser la solitude après vingt ans de vie commune, et il lécoutait vraiment, les yeux ancrés dans les siens, posant des questions justes. Il laida à servir les plats, déboucha une bouteille de crémant, porta un toast simple mais chaleureux, rassemblant tout le monde.

Jai passé une soirée merveilleuse, confia-t-elle à Solange. Merci pour ce moment.

Deux jours plus tard, ils allèrent glisser sur la patinoire du Jardin des Plantes. Camille navait pas chaussé de patins depuis le lycée, elle riait en protestant :

Je vais finir par terre, il faudra appeler les pompiers !

Gérard sourit :

Ne tinquiète pas, je veille sur toi. Promis, tu ne tomberas pas.

Et il tint parole.

Dabord il lui serra la main, puis, quand elle gagna en assurance, il marchait à ses côtés, prêt à la rattraper. Elle riait comme une gamine, le vent glacé fouettant ses joues, retrouvant une légèreté oubliée. Et là, au centre de la glace, elle croisa son regard. Il ne la voyait plus comme la sœur dune amie, mais avec une tendresse et une intention qui la troubla.

Un frisson la traversa. « Il attend quelque chose de moi, » comprit-elle, un peu effrayée. Lidée dune nouvelle histoire la terrifiait. Elle sétait habituée à sa liberté, à ses rituels, à la paix. Retomber dans lincertitude, lattente, lémoi amoureux, cela lui semblait insurmontable à son âge.

Le lendemain, elle reçut un message : « Camille, ça te dirait daller au cinéma ? Il y a un film étrange en ce moment. »

Camille fixa son téléphone comme sil sagissait dun oracle. Son cœur battait la chamade. Dire oui, cétait souvrir, et elle ne sen sentait pas capable. Dire non, cétait brutal, et Gérard ne méritait pas ça. Il était attentionné, délicat.

« On dirait mes tourments dadolescente, » pensa-t-elle, un sourire amer aux lèvres. « Sauf quà mon âge, il nexiste pas de potion magique contre langoisse. »

Elle posa son téléphone, rangea la cuisine, cherchant une excuse crédible. Migraine ? Trop banal. Visite imprévue ? Trop théâtral. Travail ? Personne ny croirait en plein congé.

Finalement, elle comprit que toutes les excuses sonneraient faux, et cela la dérangeait. Alors elle écrivit, sans détour, ni oui ni non :

« Merci pour linvitation, ça me touche. Mais pour être honnête, cela fait très longtemps que je ne suis pas allée au cinéma accompagnée, et ça mintimide un peu. On pourrait y aller doucement ? »

Elle envoya le message, redoutant une réaction froide ou vexée. Mais la réponse arriva vite :

La suite de l’article se trouve à la page suivante Publicité
Publicité

Yo Make również polubił

Leave a Comment